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vendredi 31 août 2012

Entrée libre :reprise en douceurs



Bonjour 
Comment allez vous toutes ?
J'espère que vous avez passé de bonnes vacances.
Pour cette reprise du papotage chez Pat ,
 j'ai choisi de vous montrer des sculptures sur fruits et légumes .
Ces oeuvres d'art ont été exposées à bord du bateau sur lequel 
nous étions pendant la croisière dans la mer Égée .
Le personnel de la restauration à bord et les membres de l'équipage se sont attelés à cette tâche pour nous offrir ce festival de douceurs . 
Il y a eu un concours de sculpture sur glace  et les cuistots se sont surpassé !
Je vous laisse avec les photos , et à très vite 













jeudi 31 mai 2012

Entrée Libre :Le Paradis des Femmes

Bonjour à toutes ,
Ravie de vous retrouver dans le salon de Pat  (Chemins de tables) pour l'entrée libre de ce mois , 
ce rendez-vous qui me tient à coeur et qui me permet de m'évader un peu .
Pour ce mois-ci , j'ai choisi de vous faire découvrir 
LE romancier tunisien par excellence !!

Le premier roman que j'ai découvert de Ali Bécheur fut 
"Le Paradis des Femmes", et depuis , j'ai lu l'oeuvre entière:
Les Rendez-vous manqués 
Jours d'adieu
De miel et d'aloès 
Tunis blues 
La porte ouverte 
Les saisons de l'exil
l'attente 


Le Paradis de femmes est un délicieux roman que je vous recommande vivement , il se lit d'une seule traite !

L'histoire :


Un jour d'été , un écrivain rencontre Luz, comédienne de passage dans son pays .Cet amour naissant lui inspire un nouveau livre , le livre de sa vie .Entre humour et nostalgie , il lui confie les jeux de l'adolescence , le foot , les filles , les premiers émois , l'initie aux rites sociaux, ceux qui ont fait de lui un homme , dans le sillage du père et du grand père Comment , à écouter dans la nuit les contes orientaux d'Ommi Khadouja, on devenait écrivain .Au fil de la mémoire du narrateur, tous deux se promènent sur les lieux de l'enfance , dans la ville du bord de mer , cosmopolite , bruissant de "mille langues" , aujourd'hui disparues.Mais cette confidente , qui est -elle ? Longue déclaration d'amour aux femmes , ce roman est avant tout dédié à la mère , celle qui a ouvert au narrateur un paradis , le Paradis des Femmes ...



Ce qu'on en dit :


On entre dans le Paradis des femmes comme on entre dans une ruelle de médina .On y suit ce jeune garçon , cet adolescent , cet homme bientôt, d'un souvenir à l'autre  au gré des seuils que l'on franchit.Intérieurs assoupis  ou vibrant d'éclat de voix, on s'habitue à la pénombre après l'éclat aveuglant du soleil, on passe des bagarres entre copains aux salutations de l'aïd, des sorties d'école aux terrasses de café où un oncle raconte ses conquêtes .
C'est la rencontre avec Luz , femme inattendue d'un ailleurs exotique , qui initie une plongée dans le Tunis d'un homme, écrivain amoureux de la féminité.Il veut lui dire son Tunis , il veut se lui dire .Alors Ali Bécheur nous entraîne dans un monde sensoriel, sensuel, où les gourmandises se croquent , les contes se disent, les sefsari se faufilent dans les rues et les peaux se caressent enfin ...Une douce nostalgie aurait pu alourdir ce roman, mais l'écrivain francophone d'une Babel où résonnent l'italien et l'arabe, sait l'enflammer du désir , celui  que découvre un jeune garçon, celui qui tente de combler l'homme qu'il devient
Pour en savoir plus (clic)





 Un petit extrait ? 



Ils se cotoyaient, sans se mêler. Chacun son Dieu, chacun son temple, sa mosquée, son église, sa synagogue.Qui son anisette, qui sa boukha, qui l'orgeat de ses mariages,de ses circoncisions.
A chacun ses rites, ses processions, ses carêmes,et ses jeûnes, ses Noel, ses Aid ,ses Yom Kippour, ses messes , ses ors et ses orgues, ses Vierges et ses saints, ses prières , ses prosternations, ses prêches , ses vendredis bourdonnants de sourats ,ses épaules enveloppées de châles du samedi , ses professions de foi.
L'enluminure d'un Coran ouvert sur un lutrin, dont la calligraphie s'élève ,volute après volute, psalmodie déroulant dans le silence ombreux de la salle de prières tapissée de haute laine, ses glissandos de voyelles emphatiques, ses claquements de dentales, la scansion de ses gitturales.
A vol d'oiseau de la Grande Mosquée, la lumière d'un vitrail tombe sur un missel bardé de cuir, d'où pend un signet de soie, dans le flux et le reflux d'un harmonium que balisent,extatiques, une Vierge , des saints agenouillés.
Une Thora nichée au coeur du tabernacle, à l'abri d'une arche , au fond de la synagogue, à deux pas du cinéma Le Vox, dont le coupeur de tickets n'était autre qu'Edmond, tu sais le fils de Madame Nedjar, notre voisine.
Ils portent leur religion sur la tête, feutres ou casques coloniaux, kippas, chéchias , fez , tarbouches dont les soies se balançaient sur l'épaule.Tous ces rituels, ces cérémonies , ces célébrations, se coudoyant pour se frayer un chemin vers le Dieu qu'ils se reconnaissent.




Et pour finir , je vous invite à regarder cette vidéo de Gérard Collard qui présente  délicieusement 
Le Paradis des Femmes  


lundi 30 avril 2012

Entrée libre :acte 3



Pour ce troisième rendez-vous d'entrée libre que Pat, Chemins de tables  nous propose à chaque fin de mois ,
 j'ai choisi de vous faire découvrir Bizerte , ma ville natale 
Certains l'appellent la Venise de la Tunisie, d'autres la perle de la Méditerranée ,
ou encore la ville de l'évacuation,
 moi, je l'appelle Bizerte , mon amour !!
Je suis née ici , et j'y ai vécu jusqu'à l'âge de 17 ans !!
Sur la carte de la Tunisie , Bizerte est une ville côtière à la pointe extrême du nord ,
Située entre la mer méditerranée et un grand lac, 
Bizerte est une ville maritime par excellence, la mer est dans la ville .
 Tous les ans , j'effectue ce que j'appelle "mon pèlerinage affectif annuel" ,
 au printemps ou en été , 
pour me ressourcer et me souvenir .
Car Bizerte est une ville chargée d'histoire ,
et ce billet aurait pu être fort en émotions , mais je l'ai voulu léger pour ne pas trop vous importuner , et parce qu'il m'est , jusqu'à ce jour très difficile de parler de la ville de mon enfance et de ma jeunesse sans sombrer dans la nostalgie !!
Pour vous , je vais donc faire le guide touristique , 
et vous montrer les endroits les plus connus de Bizerte !
Suivez-moi 


Au centre de la ville , il y a le Vieux port , un  petit port de pêche avec ses petites barques colorées et ses vieux  pêcheurs au dos courbés qui n'en finissent pas de raccommoder leurs filets fatigués







Face au vieux port ou adossés aux remparts de la vielle ville Andalouse, 
des cafés et des restaurants  qui servent du poisson grillé ,
 l'une des nombreuses spécialités culinaires  de la ville  


Les vieilles maisons qui longent le quai du vieux port ont gardé leur charme désuet 

La forteresse andalouse 

Portes de la médina arabe 


Nous quittons le vieux port , pour aller vers le canal de Bizerte 
Un pont Mobile a été construit du temps de Bourguiba , il porte d'ailleurs son nom ;
avant , il n'y avait que deux bacs pour relier Bizerte au reste du pays , et quelques vedettes .
Près des embarcadères , les petits bizertins, garçons et filles apprennaient à nager et à plonger dès leur jeune âge , il n'y a pas un seul Bizertin qui ne soit un excellent nageur !!


Une tour de contrôle qui date de l'époque coloniale , restée intacte !!

Le front de mer 
Sur cette large avenue qui donne sur une magnifique plage , il y a le siège du gouvernorat ,
 les habitations des militaires et des restaurants très côtés ;le plus connu est "Le sport Nautique"
Il faut savoir que Bizerte abrite les deux plus grandes bases militaires de Tunisie, 
la base aérienne de Sidi Ahmed , et la base de la marine nationale à la Pêcherie .
Les  nombreux militaires qui y étaient affectés venaient de tout le pays , 
c'était le cas de mon père , originaire de Sfax , pilote de la toute jeune armée de l'air tunisienne et installé à Bizerte juste après l'évacuation !!

Ces beaux palmiers qui longent l'avenue ont été témoins de la violence de la bataille de Bizerte , leurs troncs que l'on repeint chaque été de chaux blanche
 portent encore les stigmates des impacts de balles !! 
Un film tunisien récent  qui relate cette bataille a pour titre  , les palmiers blessés (clic)


El Baniya El Alia 
ou la Grande Bâtisse , est un immeuble de 12 étages qui contient des logements d'officiers 
 et un cercle militaire , avec une vue imprenable sur la mer 
Nous quittons le centre ville vers la Corniche 





La porte d'une villa cossue "pieds dans l'eau " 


Le Petit Mousse , un restaurant étoilé 


Un peu plus loin , se trouve la plage des Grottes , une magnifique plage rocheuse où les Bizertins adorent aller se baigner parce que un peu moins fréquentée et un peu moins accessible que les plages du centre ville ou de la Corniche .






Une maison de style colonial , très bien conservée !


Et il ne faut jamais quitter Bizerte sans goûter à quelques douceurs , 
les meilleurs millefeuilles au monde (clic) ou des beignets aux dattes 


Voilà , c'était un petit tour dans Bizerte , je ne vous ai pas tout montré , il reste la grande église transformée en maison de culture , le cimetière des martyrs , l'école des soeurs , l'académie militaire , le fort espagnol qui acceuille chaque été le festival de Bizerte , les vieilles mosquées,la gare férrovière  , le tristement célèbre bagne d'Ennadhour ou encore la maison d'Anastasia de Bizerte(clic) et le petit cimetière russe de la ville .
Vous comprenez  maintenant pourquoi les Français n'ont pas voulu quitter Bizerte même après l'indépendance de la Tunsie , et qu'il a fallu livrer une bataille où des centaines de tunisiens ont péri pour que les derniers soldats français acceptent enfin d'évacuer Bizerte ? Mais ça , c'est une autre histoire ...

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